Orientation scolaire : ne pas tomber dans le piège de la solution miracle

Face à ses choix d’orientation, un jeune peut être attiré par la solution miracle qui va donner du sens à sa vie

J. Coleman, dirigeant et auteur américain, en exposant les risques de désillusion liés à la quête de raison d’être, pointe cet aspect essentiel dans l’accompagnement à l’orientation scolaire d’un jeune.

Selon lui, « pour l’étudiant de 20 ans comme pour le quadragénaire insatisfait de son travail, la quête de la solution miracle qui va donner du sens à sa vie a plus de chance d’aboutir à de la frustration qu’à de l’épanouissement. »

#conseilorientation1 : la raison d’être ne se trouve pas, elle se construit 

« Nous cherchons tous notre raison d’être. La plupart d’entre nous a l’impression de ne l’avoir jamais trouvée, de l’avoir perdue ou, d’une certaine manière, de ne pas être à la hauteur ».

En réalité,  « nous sommes victimes […] d’idées foncièrement fausses sur la raison d’être », car « la raison d’être ne se trouve pas, elle se construit ».  Et cette démarche requiert du temps, de la patience, de l’engagement, de la constance.

#conseilorientation2 : aux manettes de sa propre vie

L’épanouissement est le résultat de jalons posés avec méthode et détermination, de choix cohérents, alignés, visant chaque fois davantage à nous rapprocher de nos aspirations profondes.

Ainsi, pour tracer les contours d’un parcours à notre main et construire pas à pas notre raison d’être, il nous faut en être le principal instigateur et le premier artisan. Ne pas saisir cette chance reviendrait à laisser les circonstances, le hasard ou encore d’autres personnes décider pour nous de notre destiné.

#conseilorientation3 : les idées claires sur ses « essentiels »

Construire sa raison d’être est un cheminement. C’est aussi l’exigence de bâtir demain sur des bases solides. Et pour cela, il nous faut travailler à poser nos fondations professionnelles, nos « gros cailloux », ceux qui comptent le plus pour nous. Ils méritent d’être travaillés en profondeur car ce sont eux qui vont structurer nos principales décisions et façonner notre trajectoire d’avenir. Ils nous sont bien sûr entièrement personnels.

Poser ses fondamentaux professionnels : l’enjeu est de taille. Car de leur pertinence dépend la robustesse de ce qui sera construit ensuite. Et de la constance des choix dépendra la rapidité à se rapprocher de sa raison d’être et se réaliser pleinement.

#conseilorientation4 : commencer aujourd’hui à semer pour demain

Ce travail n’est pas réservé aux adultes, bien au contraire. Il devrait être entrepris dès la fin du Collège et tout au long du Lycée car c’est un acte essentiel pour l’avenir de tout jeune.

Acquérir de l’assurance et de l’autonomie dans ses choix. Mais surtout, commencer dès aujourd’hui à semer pour demain…

 

Axelle LARROUMET
Réseau CLEDO | Orientation Professionnelle et Scolaire
Auteur de “réussir son Orientation”, ED. Hoblik, 2017
www.cledo.fr

 

Article HBR : on ne trouve pas sa raison d’être, on la construit

https://www.hbrfrance.fr/chroniques-experts/2017/12/18173-on-ne-trouve-raison-detre-on-construit/?platform=hootsuite

Emploi : peur des robots ? Il vous reste les soft skills !

Monde du travail : robots contre human soft skills ?

« A l’inverse des compétences techniques, il n’est pas possible de déléguer aux robots les compétences comportementales » précisent les auteurs de “Réflexe Soft Skills”, J. Hoarau et F. Mauléon. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si ces précieuses aptitudes sont devenues aujourd’hui essentielles aux yeux des recruteurs.

Sous l’impulsion des champs confiés progressivement à l’intelligence artificielle, le monde du travail se transforme et laisse entrevoir de nouvelles perspectives pour la contribution de l’humain, dans ce qu’il a de plus spécifique. Tout ce qui différencie l’être humain de la machine devra être remis en valeur…

Qu’entend-on par “soft skills”

Les softs skills sont transversales et difficiles à classer dans une liste exhaustive.

Elles englobent des notions de confiance en soi, d’empathie, d’inventivité, d’intelligence émotionnelle, de capacité de travail en équipe, de prise d’initiative…

Ce sont toutes ces qualités humaines qui font qu’un collaborateur devient un membre clé, car pertinent, agile et moteur au sein d’un groupe.

Des aptitudes essentielles à renforcer pendant les études Supérieures

Au-delà de compétences « métier » qu’il est impératif de  développer en Supérieur, les Ecoles et Universités revoient peu à peu l’équilibrage des apprentissages  au profit de ces « compétences douces », en opposition aux compétences techniques, souvent issues des sciences dures.

Parmi celles-ci, nous n’en citerons que quelques-unes…

La résolution de problèmes : dans un contexte de mutation, les salariés doivent être orientés solution. Cela signifie qu’ils doivent être en recherche d’amélioration des processus existants.

La capacité à prendre des décisions : ils doivent avoir une bonne aptitude à se positionner, à arbitrer et à convaincre de leurs choix.

L’intelligence émotionnelle : elle est essentielle car elle permet à chacun de gérer ses émotions et de les utiliser à bon escient pour communiquer et évoluer dans un monde d’interactions avec plus de souplesse. En développant l’empathie, par exemple : ressentir et comprendre la réalité de l’autre est indispensable pour développer des relations de qualité.

L’audace ! Ceci implique de se faire confiance et d’accorder sa confiance aux autres. Ce sont des clés indissociables de l’esprit d’entreprendre, tout comme la curiosité et la remise en question de ses certitudes, ce qui amènent à davantage de créativité.

Mais également la vision, le sens que l’on donne à ce que l’on entreprend, les aptitudes à jouer la partie collectivement, à aller chercher de bons appuis – car complémentaires, ce qui nécessite de bien se connaitre

Autant de sujets qui contribueront  à la réussite professionnelle d’un jeune qui entre sur le marché du travail…, mais qui seront sont aussi très utiles en amont.

Toutes ces compétences, éminemment humaines, sont à développer dès que possible car elles entrent directement en jeu lors des choix d’orientation scolaire et professionnelle.

Comment l’orientation d’un jeune pourrait-elle se faire dans de bonnes conditions sans confiance en soi et en l’avenir, sans vision et clairvoyance dans ses priorités, sans conviction pour poser des actes et sans un brin d’audace, de curiosité et d’envie d’entreprendre ?!

Axelle LARROUMET
Réseau CLEDO | Orientation Professionnelle et Scolaire
Auteur de “réussir son Orientation”, ED. Hoblik, 2017
www.cledo.fr

Sphères décisionnelles : place aux jeunes !

Millennials : un besoin de prendre part aux décisions

Cette période de forte remise en question (digitalisation des organisations, concurrences mondiales, nouveaux modèles économiques, nouvelles générations…) amène avec elle toute la richesse que pourrait apporter une plus grande collaboration entre “ceux qui était là avant”, c’est à dire très souvent la génération X, en situation de management et “les Millennials” qui ne cachent pas leur soif d’apprendre, de découvrir, d’expérimenter et surtout de s’engager à leur façon dans l’entreprise, avec une profonde envie d’être reconnu et de prendre part aux décisions.

La nécessité d’adapter la gouvernance des entreprises

Ces jeunes ne semblent pas prêts à se fondre dans le système en place. Ils questionnent, remettent en cause et bousculent les habitudes. Laissant parfois les plus aguerris au management dans une certaine situation d’inconfort.

Il devient pressant d’adapter la gouvernance des entreprises à cette nouvelle génération : imaginer de nouvelles et riches interactions intergénérationnelles et repenser nos contributions respectives, beaucoup plus complémentaires qu’on ne l’imagine, certainement.

Orientations stratégiques : les “jeunes et naïfs” conseillent le dirigeant !

Une expérimentation originale nous montre que non seulement c’est possible, mais c’est prometteur.

Lors du 3ème Congres annuel de “l’Entreprise du Futur” qui s’est tenu à Lyon en janvier dernier, 140 étudiants aux profils variés (EM Lyon Business School, Ecole Centrale de Lyon, Epitech Lyon ou école 101) répartis en 20 groupes, ont rencontré chacun un dirigeant et travaillé à répondre, en une journée, à une problématique stratégique de l’entreprise.

Quand l’école entre dans l’entreprise

Les dirigeants ont accepté de confronter leur vision et de se laisser influencer par des approches décalées. Les jeunes se sont rapidement approprié les problématiques et immergé dans le monde professionnel qui les attend. Objectif atteint !

Au final, il y a eu beaucoup d’enthousiasme des deux parts. Du coté des jeunes qui aspirent à comprendre le monde de l’entreprise et pouvoir y contribuer utilement. Ils ont fait preuve d’une inventivité et d’une énergie décuplée : “il est tellement plus motivant de travailler sur une problématique réelle que de répondre à un exercice fictif en classe” !

Beaucoup de retours positifs côté entreprise également, au regard de la pertinence et de la qualité des recommandations faites en seulement une journée : “ils m’ont impressionnés”, « ils m’ont même trouvé un concurrent que je ne connaissais pas, c’est dire ! » explique un dirigeant.

Axelle LARROUMET
Réseau CLEDO | Orientation Professionnelle et Scolaire
Auteur de “réussir son Orientation”, ED. Hoblik, 2017
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https://newsstand.google.com/articles/CAIiED61fMR9HPWeI8cC1b0GQ6UqGQgEKhAIACoHCAowrJCCCzDo3P4CMNLA8gU

 

Orientation : prendre son temps, sans le perdre !

Orientation : quel serait le bon âge ?

Les membres du CESE (Conseil économique, social et environnemental) ont planché sur cette question et rendu récemment leur avis.

Laure Delair et Albert Ritzenthaler, rapporteurs de cette étude, défendent l’idée qu’il est essentiel de donner au collégien un droit « à prendre son temps ».

En effet, expliquent-ils, ceux pour qui les résultats scolaires ne sont pas au rendez-vous, sont « sommés » de s’orienter au plus vite vers des filières professionnelles ou techniques.

Ce qui n’est pas une manière de vivre positivement et de manière choisie, son orientation. Et encore moins de laisser le temps au jeune de maturer ses choix d’avenir.

“A 14 ans, on est trop jeune pour savoir ce que l’on veut faire dans la vie”

Ceux qui réussissent à l’école sont aussi ceux à qui l’on va laisser plus de temps pour préparer leur orientation. En revanche, lorsqu’un choix de professionnalisation s’impose en troisième, la décision est bien souvent précipitée laissant peu de temps pour s’y préparer.

Dans son rapport, le CESE juge qu’à 14 ou 15 ans “on est trop jeune pour savoir ce que l’on veut faire dans la vie”. Il est vrai qu’à l’heure du numérique et de l’intelligence artificielle, nombre de métiers sont à l’aube de fortes mutations, rendant les projections sur le marché de l’emploi assez complexes.

Temporiser jusqu’à la fin de la Seconde

Ainsi, les deux auteurs mettent en garde contre les dangers d’une orientation subie dans le cadre d’une orientation en fin de troisième : « leur imposer un choix peut générer un fort sentiment de violence sociale ».

Le CESE préconise donc de « déplacer le palier d’orientation préparant aux trois baccalauréats de la fin de la troisième à la fin de la seconde…en articulant en Seconde des enseignements généraux, transversaux et des modules de découverte des enseignements professionnels” – lesquels seront proposés ensuite par les lycées professionnels et les CFA.

Un droit à la découverte et à la réflexion

Ceci met en exergue l’intérêt d’une forme “d’éveil” au monde professionnel à introduire très tôt en Collège sous différents formats (visites d’entreprises, rencontres de professionnels, ateliers collectifs, travaux dirigés…), pour permettre aux jeunes non seulement de décrypter et d’apprivoiser leur futur environnement mais aussi de commencer à identifier des secteurs, des fonctions ou mieux encore, des contributions qu’ils aimeraient apporter à notre (leur!) monde, demain.

https://www.lopinion.fr/edition/politique/orientation-jeunes-prendre-temps-perdre-146890?utm_source=twitter

 

Axelle LARROUMET
Réseau CLEDO | Orientation Professionnelle et Scolaire
Auteur de “réussir son Orientation”, ED. Hoblik, 2017
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