Orientation : prendre son temps, sans le perdre !

Orientation : quel serait le bon âge ?

Les membres du CESE (Conseil économique, social et environnemental) ont planché sur cette question et rendu récemment leur avis.

Laure Delair et Albert Ritzenthaler, rapporteurs de cette étude, défendent l’idée qu’il est essentiel de donner au collégien un droit « à prendre son temps ».

En effet, expliquent-ils, ceux pour qui les résultats scolaires ne sont pas au rendez-vous, sont « sommés » de s’orienter au plus vite vers des filières professionnelles ou techniques.

Ce qui n’est pas une manière de vivre positivement et de manière choisie, son orientation. Et encore moins de laisser le temps au jeune de maturer ses choix d’avenir.

“A 14 ans, on est trop jeune pour savoir ce que l’on veut faire dans la vie”

Ceux qui réussissent à l’école sont aussi ceux à qui l’on va laisser plus de temps pour préparer leur orientation. En revanche, lorsqu’un choix de professionnalisation s’impose en troisième, la décision est bien souvent précipitée laissant peu de temps pour s’y préparer.

Dans son rapport, le CESE juge qu’à 14 ou 15 ans “on est trop jeune pour savoir ce que l’on veut faire dans la vie”. Il est vrai qu’à l’heure du numérique et de l’intelligence artificielle, nombre de métiers sont à l’aube de fortes mutations, rendant les projections sur le marché de l’emploi assez complexes.

Temporiser jusqu’à la fin de la Seconde

Ainsi, les deux auteurs mettent en garde contre les dangers d’une orientation subie dans le cadre d’une orientation en fin de troisième : « leur imposer un choix peut générer un fort sentiment de violence sociale ».

Le CESE préconise donc de « déplacer le palier d’orientation préparant aux trois baccalauréats de la fin de la troisième à la fin de la seconde…en articulant en Seconde des enseignements généraux, transversaux et des modules de découverte des enseignements professionnels” – lesquels seront proposés ensuite par les lycées professionnels et les CFA.

Un droit à la découverte et à la réflexion

Ceci met en exergue l’intérêt d’une forme “d’éveil” au monde professionnel à introduire très tôt en Collège sous différents formats (visites d’entreprises, rencontres de professionnels, ateliers collectifs, travaux dirigés…), pour permettre aux jeunes non seulement de décrypter et d’apprivoiser leur futur environnement mais aussi de commencer à identifier des secteurs, des fonctions ou mieux encore, des contributions qu’ils aimeraient apporter à notre (leur!) monde, demain.

https://www.lopinion.fr/edition/politique/orientation-jeunes-prendre-temps-perdre-146890?utm_source=twitter

 

Axelle LARROUMET
Réseau CLEDO | Orientation Professionnelle et Scolaire
Auteur de “réussir son Orientation”, ED. Hoblik, 2017
www.cledo.fr

 

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